menu

L’association

En 1990, dix femmes, paroissiennes de Saint-Médard, en lien informel avec la délégation du Secours Catholique, distribuaient aux personnes vivant dans la rue et aux familles en grande précarité des colis alimentaires, et tenaient un vestiaire (distribution de vêtements). A la suite d’un changement de destination des locaux qu’elles utilisaient, elles ont accepté de remettre en question leur action envers les plus démunis.

Après avoir visité quelques lieux d’accueil recevant des personnes sans domicile fixe (il y en avait très peu à Paris), ces femmes ont défini, avec l’aide du diacre animant le Service des Frères, les grandes lignes d’un projet et des actions tournées vers les gens de la rue.

L’objectif était le suivant : ouvrir un lieu à destination des personnes sans domicile stable qui leur permettrait :

  • de s’arrêter et de « se poser » dans la journée;
  • de les accompagner dans leurs démarches administratives et leur insertion;
  • de leur offrir les moyens nécessaires pour assurer l’hygiène du corps et l’entretien des vêtements;
  • de les faire participer à la vie du lieu.

Si ce projet audacieux demandait des moyens financiers dont nous n’avions pas le premier sou, il répondait à de véritables besoins car de plus en plus de personnes vivaient dans la rue près de chez nous. La proposition de se rendre capable de rencontrer les personnes très démunies, errant dans notre quartier et de prendre du temps avec elles fut fédératrice et créa une forte dynamique. Rapidement ce projet intéressa le groupe des 25-35 ans de la paroisse Saint-Médard à Paris. Cette idée s’est concrétisée par l’invitation de personnes accueillies à l’association « Compagnons de la nuit » à prendre un petit déjeuner. Le premier petit déjeuner eut lieu le 8 décembre 1993 dans l’appartement de Jacques, rue Monge.

Cette initiative généreuse trouva rapidement ses limites. Elle fut suivie de petits déjeuners partagés le samedi matin de 9h à 11h au « Censier », café de la rue Monge, aujourd’hui « Le Café Parisien ». Ces petits déjeuners autour d’une grande table, que nous voulions de qualité, sont devenus des lieux de parole, de vie et d’amitié. Cette initiative locale était l’une des premières à Paris. Dans la pratique, pour certaines personnes vivant l’exclusion, franchir la porte d’un bistro nécessitait un véritable effort.

Une ou deux années après, le Père Claude Gaudin, curé de la paroisse Saint Médard, nous proposa de nous installer provisoirement à la Maison des Jeunes de Saint-Médard. Les petits déjeuners avaient lieu les samedis et les dimanches. La période provisoire dura environ 4 ans.

Au cours de l’épisode des ‘petits déjeuners’, l’association « Cœur du Cinq » est née, le 28 juillet 1993 son acte de naissance parait au Journal Officiel.

La recherche d’un local et le montage financier d’acquisition prennent du temps et aboutissent fin 1999 à prendre pied au 24 rue Daubenton en réalisant ainsi les objectifs du projet initial ; toutefois le local trop petit ne permet pas d’assurer l’hygiène du corps et l’entretien des vêtements. Ces années voient la mise en place à Paris des premiers ESI – Espaces Solidarité Insertion -, qui reprennent et répondent, entre autres, à nos quatre objectifs. Ces nouvelles structures demandent des moyens considérables et elles sont gérées par des associations importantes employant des travailleurs sociaux. Cœur du Cinq se veut être un accueil de jour de quartier dont l’un des atouts est la proximité.

L’équipe de Cœur du Cinq, forte de ses femmes expérimentées et de ses jeunes bénévoles au dynamisme débordant, gagne petit à petit en expérience. Les réunions de suivi reprenant et mettant en commun le vécu des situations nous permettent, ensemble, de définir notre ligne de conduite et de faire évoluer notre projet. La formation contribue à notre entreprise et vient épauler notre savoir-faire.

Des initiatives se mettent en place avec la participation des personnes accueillies : pièces de théâtre, table de la solidarité rue Mouffetard, sortie pique-nique…

En 2006, une salariée aux talents et à l’expérience reconnus, vient rejoindre notre équipe. Sa présence et son savoir-faire permettent d’ouvrir en semaine. Elle donne à l’équipe de bénévoles une assurance et une efficacité qui dynamisent et encouragent l’action.

Un studio est mis à notre disposition en 1997 ; il permet de répondre au tandem travail – logement indispensable à l’insertion des personnes.

La domiciliation pour le courrier est mise en place et le premier arrêté préfectoral nous est délivré.

L’État et la Ville de Paris reconnaissent l’action de Cœur du Cinq et la subventionnent en partie.

Les élus sont également attentifs à notre présence et à notre action sur le quartier.

Progressivement nous nous insérons dans un large réseau associatif. Les liens avec les travailleurs sociaux et les établissements de santé s’établissent pour, aujourd’hui, travailler en partenariat. Cœur du Cinq adhère à la FNARS (Fédération Nationale des Associations de Réinsertion Sociale) en 2008.

Plus récemment de nouvelles initiatives voient le jour, l’atelier « Terre cuite », les sorties culturelles et le ciné-club.

Année après année, Cœur du Cinq a creusé son sillon dans notre quartier ; celui-ci doit se poursuivre et pourquoi pas gagner du terrain dans le champ parisien.